Journalistes exilés et photographes de Magnum Photos croisent leurs regards pour raconter des expériences très personnelles autour des notions d’exil, d’accueil, de répression, de résistance, de succès ou d’échec.
Confirmer votre présence à l’Hôtel de Ville de Paris via ce formulaire :
« Journalistes : le quatrième pouvoir en danger ? », retour sur la UP Conference
La Maison des journalistes a participé à la UP Conférence, le 23 mai 2017, intitulée « Journalistes : le quatrième pouvoir en danger ? », en collaboration avec le groupe SOS et le Crédit Coopératif à Nanterre (92).
UP Conference « Journalistes : le quatrième pouvoir en danger ? » © Stefano LORUSSO
L’écrivaine tchétchène et ancienne résidente de la Maison des journalistes (MDJ) Zara Mourtazalieva et le journaliste d’investigation marocain, Hicham Mansouri, résident de la MDJ, ont échangé avec Luc Hermann, dirigeant de l’agence de presse Premières Lignes, et Albéric De Gouville, vice-président de la Maison des journalistes, rédacteur en chef à France 24.
Les journalistes ont débattu sur l’état de la liberté d’information au Maroc et en Russie, respectivement classés aux 133ème et 148ème places dans le classement de la liberté de la presse, présenté par Reporters sans frontières en 2017. Ayant gagné cinq rangs par rapport au classement de l’année dernière, la France se trouve aujourd’hui en 39ème position.
En effet, les journalistes ont observé que dans des pays tels que la Russie et le Maroc, la menace la plus grande à la liberté de la presse est représentée par le pouvoir étatique, mais qu’en France et en Europe, c’est la grande concentration des médias au sein de groupes privés qui menace l’indépendance de la presse.
L’écrivaine tchétchène Zara Mourtazalieva a fait l’amère expérience de l’impossibilité de s’exprimer pour un professionnel des médias. Elle a a été emprisonnée en 2004 durant huit ans et demi, accusée de terrorisme.
L’écrivaine tchétchène Zara MOURTAZALIEVA © Stefano LORUSSO
Le lendemain des attentats du 4 mars 2004 à Moscou, elle tombe dans un piège. En pleine recherche des responsables de l’attentat, les forces de l’ordre russes placent 196 grammes de TNT dans son sac à dos. Conduite au commissariat, Zara Mourtazialeva sera emprisonnée. Elle avait vingt ans. Libérée en 2012, elle publie un livre sur son expérience dans les prisons russes («Huit ans et demi» de Zara Mourtazalieva, traduit par Galia Ackerman, éd. Books).
Hicham Mansouri, journaliste d’investigation marocain, a été forcé à quitter son pays après avoir été emprisonné durant dix mois à cause de ses enquêtes, notamment sur la surveillance électronique opérée par les autorités marocaines.
Le journaliste Hicham MANSOURI © Stefano LORUSSO
Il est actuellement poursuivi pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’État ». Aujourd’hui il tient un blog via Mediapart et participe à de nombreux médias européens et du monde arabe. En attente de son procès, aux côtés de six autres militants des droits de l’Homme et confrères journalistes, Hicham Mansouri continue de dénoncer les dérives d’un pouvoir étatique qui refuse la liberté des contre-pouvoirs. Vous pouvez suivre le déroulé de son procès et le soutenir sur www.justicemorocco.wordpress.com.
Ci-dessous la vidéo intégrale de la rencontre réalisée par le Groupe SOS :
Renvoyé spécial : une journaliste rwandaise au Collège La Prairie de Toulouse
Dans le cadre d’un partenariat privilégié avec le Conseil départemental de Haute-Garonne, la Maison des journalistes a organisé une rencontre exceptionnelle entre les élèves du Collège La Prairie de Toulouse et l’une de ses journalistes Maria Kuandika*, journaliste rwandaise réfugiée en France, le mardi 21 mars 2017 durant la Semaine de la Presse et des Médias dans l’école.
S’exprimer ce n’est pas toujours facile ! © Travaux réalisés par les élèves du Collège La Prairie de Toulouse
Les élèves de Quatrième et de Troisième, accompagnés de leur professeure documentaliste Ariane Jeanne ont ainsi pu découvrir le Rwanda et le contexte actuel de ce pays meurtri par le génocide perpétré contre la population Tutsi en 1994.
Spécialiste des problématiques liées à la santé, Maria Kuandika*, témoin de cette période sombre de l’Histoire, a partagé avec les jeunes attentifs son expérience professionnelle en tant que journaliste, de ses premières enquêtes aux quatre coins du pays, aux menaces des autorités politiques refusant le portrait réaliste dépeint par cette professionnelle des médias.
Les élèves ont eu l’occasion d’échanger avec elle afin de mieux saisir les tensions qui existent encore aujourd’hui au sein de la population rwandaise entre Tutsis et Hutus. Ils ont ainsi pu mieux saisir les enjeux majeurs du devoir de mémoire auquel chaque pays se trouve ainsi confronté dans l’analyse, l’acceptation et le regard porté sur son passé.
Une rencontre appréciée des élèves à en croire leurs retours enthousiastes :
«Cette rencontre m’a servi à avoir un autre regard sur le Monde.»
«Les journalistes en exil se sont mis en danger pour exercer leur métier et je pense qu’ils devraient pouvoir trouver refuge dans d’autres pays plus facilement.»
«Ce qui m’a le plus frappé dans cet échange, c’est que Maria a été exilée pour avoir montré la réalité du Rwanda.»
«Pour moi, un journaliste est censé chercher, trouver, vérifier les informations importantes du monde pour que tout le monde puisse être informé.»
«Les journalistes sont très importants dans la société. Ils nous aident à prendre conscience et confiance en nos opinions.»
*Pseudonyme
Vous pouvez retrouver les articles (en format pdf) réalisés par les élèves du Collège de La Prairie suite à la Rencontre Renvoyé spécial en cliquant
ici : « Eric Dourel et Maria Kuandika, deux journalistes à leur façon »
ici : « Le journalisme au Rwanda »
ici : « Maria Kwandika«
Renvoyé spécial IDF: l’écrivain Yemenite Ali Al-Muqri au lycée Romain Rolland de Goussainville
Mardi 23 mai 2017, l’écrivain yéménite Ali Al-Muqri a rencontré les élèves de première ES et une classe de seconde du lycée Romain Rolland de Goussainville – Val d’Oise – dans le cadre du projet Renvoyé spécial IDF de la Maison des journalistes.
L’écrivain yémenite Ali AL-MUQRI © Stefano LORUSSO
Les lycéens et leurs professeurs documentalistes M. Thirion et Mme Leproust ont échangé avec l’écrivain et journaliste yéménite sur ses ouvrages, son exil et sur la situation politique au Yémen. Pour beaucoup d’entre eux c’était la première occasion de rencontrer un journaliste exilé et notamment de rentrer en contact avec un témoin direct de la guerre civile yéménite qui fait rage depuis 2014.
Ali Al-Muqri a ainsi parlé de ses ouvrages – Le beau Juif, Liana Levi, 2011 et La femme interdite, Liana Levi, 2015 – aux jeunes élèves enthousiastes. « Je suis fier de venir d’un pays où les femmes ont été au pouvoir dès le début de son histoire », a expliqué l’écrivain. La cinquantaine, Ali Al-Muqri a commencé son activité journalistique à dix-huit ans. Collaborant avec des journaux progressistes il traite de questions concernant la jeunesse, l’université et la politique yéménites. Son premier essai sur le rapport entre l’alcool et la culture musulmane s’est attiré les foudres des autorités du Yémen. Menacé de mort, après la publication de La femme interdite, il a du quitter son pays et demander l’asile politique en France.
Cette rencontre a profondément marqué les étudiants et a permis d’enrichir leur réflexion.
Voici les témoignages des étudiants:
« Les journalistes ont un rôle fondamental dans nos démocraties ».
« Son histoire, ses exemples, ses choix, son amour pour sa profession sont des exemples de courage ».
« Ce qui m’a frappé le plus dans ce témoignage c’est la violence qui se déroule au Yémen, notamment envers les journalistes ».
« Cette rencontre a été passionnante et instructive. La passion qu’il met dans son travail est incroyable ».
« Les histoires de violence au Yémen m’ont beaucoup marqué. Le fait que les corps soient trainés dans les rues m’a choqué ».
« Aujourd’hui j’ai vraiment découvert ce qui se passe au Yémen ».
« Je voudrais dire à Ali Al-Muqri qu’il est très courageux et que je le soutiens ».