Journalistes exilés et photographes de Magnum Photos croisent leurs regards pour raconter des expériences très personnelles autour des notions d’exil, d’accueil, de répression, de résistance, de succès ou d’échec.
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La MDJ invitée à la réunion de rédaction de Libé
C’est dans cet esprit de solidarité confraternelle que la rédaction du journal, fondé par Jean-Paul Sartre en 1973, a invité une délégation de résidents de la MDJ, venus de quatre pays différents (Kazakhstan, Pakistan, Turquie, Syrie). Son siège, situé dans le 15e arrondissement, non loin de la MDJ rassemble la rédaction de l’Express et de BFM TV.
Grâce à l’aide précieuse de Katty Cohen, administratrice de la MDJ et Frédérique Roussel, journaliste au service Livres de Libération, ce rendez-vous s’est déroulé dans la matinée du mardi 15 mai. Il entre dans le cadre des activités culturelles organisées par Lisa Viola Rossi, chargée de mission Communication et Sensibilisation et Emilie Delwarde, volontaire en service civique au pôle Communication.
Une copie de l’édition du journal du jour a été offerte à tous les participants et la rencontre s’est officiellement ouverte à la cafétéria de la rédaction où Philippe Douroux, ancien rédacteur en chef et actuel responsable de la rubrique Idées de Libération -ancienne rubrique Rebonds- a introduit la visite.
La délégation de la MDJ a ensuite été invitée à s’installer autour de la grande table de la rédaction avec les directeurs, Laurent Joffrin et Paul Quinio qui ont introduit la réunion – à l’ordre du jour, la Une de l’édition du lendemain – en présence d’une vingtaine de journalistes. Les journalistes exilés de la MDJ ont ensuite présenté leurs parcours et leurs projets professionnels. Ils ont fait part de leur engagement en faveur de la liberté de la presse en relatant leur participation à des projets de sensibilisation mis en place par la MDJ. Ils ont également présenté leur travail au sein de la rédaction du journal en ligne de la MDJ: L’oeil de la Maison des journalistes. Des projets de collaboration ont finalement été envisagés.
La matinée s’est terminée par une visite guidée de locaux de la rédaction, conduite par Philippe Douroux et Frédérique Roussel. La délégation de la MDJ a pu découvrir les archives et traverser les différents espaces de la rédaction du journal – France, Web, Idées etc – qui regroupe, après une récente restructuration, environ 200 personnes (journalistes et employés de l’administration).
Ci-dessous la galerie de photos de la visite (crédits : Lisa Viola Rossi / MDJ) :
Renvoyé Spécial: La journaliste Nazeeha SAEED au Lycée Yourcenar
Le jeudi 17 mai, la journaliste Nazeeha SAEED s’est rendue à Erstein pour échanger avec les élèves du lycée Yourcenar. Cette rencontre a été organisée dans le cadre de l’opération Renvoyé Spécial, qui permet chaque année à des journalistes en exil de partager leur histoire.
La journaliste Nazeeha SAEED au lycée Yourcenar, le 17 mai.
Réunis dans le CDI de l’établissement, les élèves du lycée Yourcenar avaient réservé un accueil très chaleureux à Nazeeha SAEED. Pendant deux heures, professeurs et élèves ont pu échanger avec la journaliste, venue présenter son parcours.
Originaire du Bahreïn, Nazeeha SAEED a quitté son pays il y a bientôt deux ans. Journaliste depuis ses 18 ans, elle a collaboré avec plusieurs médias internationaux et locaux. En 2011, elle couvre les manifestations pro-démocratiques qui sont réprimées par l’armée à Manama, capitale du Bahreïn. Elle s’attire ainsi les foudres des autorités. Convoquée par la police, la journaliste est torturée par les forces de l’ordre. Son crime ? Avoir exercé son métier de journaliste. Elle entreprend alors des démarches pour traduire ses tortionnaires en justice. Ces sévices restent encore aujourd’hui impunis. En 2016 la journaliste se voit refuser le renouvellement de son accréditation presse. Interdite de voyager, elle choisit de s’exiler lorsque l’occasion se présente. La journaliste vit aujourd’hui en France grâce au soutien du réseau ICORN.
L’histoire douloureuse de la journaliste a permis aux élèves d’en apprendre davantage sur le Bahreïn et la situation des journalistes dans ce pays. Les commentaires recueillis à l’issue de cette rencontre témoignent de l’intérêt porté par ces lycéens pour cet échange:
« J’ai beaucoup appris lors de cette rencontre, je ne connaissais pas ce pays avant »
« Je trouve anormal que des journalistes soient contraints à l’exil parce qu’ils nous ont informés ».
« La journaliste a vécu beaucoup de choses traumatisantes mais reste une femme très courageuse, forte, indépendante et libre. »
Revue de presse:
Dernières Nouvelles d’Alsace, Si je me tais ils gagnent
Renvoyé Spécial au lycée Galilée : Journalistes au Pakistan, par Taha SIDDIQUI et Sara FARID.
Dans le cadre de l’opération Renvoyé Spécial, organisée en partenariat avec le CLEMI et Presstalis, deux journalistes pakistanais sont allés à la rencontre des élèves du Lycée Galilée à Paris.
Le lundi 14 mai, les journalistes pakistanais Sara FARID et Taha SIDDIQUI se sont rendus dans le lycée Galilée, situé dans le 13ème arrondissement de Paris. Dans la bibliothèque de l’établissement, ils ont été accueillis par une cinquantaine d’élèves âgés de 16 à 17 ans. Les lycéens qui avaient préparé la rencontre en amont avec Madame Isabelle THOMAIN, professeure documentaliste, Monsieur Johann Leclercq et Monsieur Robert Potevins, professeurs de français, ont tenu à souhaiter la bienvenue aux journalistes en anglais. La Maison des journalistes tient également à remercier la chargée de mission du CLEMI Paris Maria-Esther d’Anjou qui a joué un rôle important dans l’élaboration de cette rencontre.
Taha SIDDIQUI, chef du bureau de l’agence Babel Press et directeur de bureau pour la chaîne WION (World Is One News) au Pakistan a débuté la rencontre en présentant aux élèves la situation du Pakistan. Après cette contextualisation, la journaliste Sara FARID a abordé les thématiques du droit à l’éducation ou encore des inégalités de genre à travers ses photographies.
En présentant leurs parcours, les journalistes ont parlé de la situation de la liberté de la presse au Pakistan et en Asie du Sud. Sara FARID a expliqué aux élèves les difficultés qu’elle a pu rencontrer sur le terrain comme journaliste mais également en tant que femme. Le journaliste Taha SIDDIQUI qui a enquêté sur des sujets liés à la corruption et à des abus de pouvoir, leur a rappelé à quel point certains sujets sont sensibles au Pakistan. En dépit du harcèlement dont ils ont été victimes, les journalistes ne souhaitaient pas quitter leur pays. Un événement survenu le 10 janvier 2018, les a contraint à rejoindre la France. Ce jour-là, alors qu’il est en route pour l’aéroport, Taha est agressé par une douzaine d’hommes. Le journaliste parvient à s’extraire in extremis du véhicule dans lequel il est emmené de force et échappe de peu à l’enlèvement.
En France, Sara FARID et Taha SIDDIQUI continuent à se mobiliser en faveur de la liberté de la presse. Un message d’espoir partagé avec les élèves. Taha a notamment créé, le 3 mai, lors de la journée mondiale de la liberté de la presse un site: safenewsrooms.org pour permettre à des journalistes en Asie du Sud de témoigner des difficultés qu’ils rencontrent.
Riche en émotions, cette rencontre s’est achevée par une série de questions-réponses avec les lycéens présents. Très attentifs et intéressés lors de cette présentation, ils ont souhaité en savoir davantage sur la situation des journalistes en France. A partir de cet événement, les élèves réaliseront un projet journalistique sur la radio scolaire Radio Clype.
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