Journalistes exilés et photographes de Magnum Photos croisent leurs regards pour raconter des expériences très personnelles autour des notions d’exil, d’accueil, de répression, de résistance, de succès ou d’échec.
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Renvoyé spécial : le journaliste Hicham Mansouri au Lycée Professionnel Jules Michelet de Fontenay-sous-Bois
Mercredi 1er mars 2017, les élèves de Seconde Bac Pro Vente et Commerce, accompagnés de leur professeure documentaliste Elisa Jacquier, de Lettres-Histoire François Lopez et d’Écp-Gestion Taoufiq Eddarkaoui, ont rencontré Hicham Mansouri, journaliste d’investigation marocain dans le cadre de l’opération Renvoyé spécial organisée au Lycée Professionnel Jules Michelet de Fontenay-sous-Bois (94).
Hicham MANSOURI expose son parcours de journaliste exilé et la situation des droits de l’homme au Maroc devant les élèves Bac Pro Vente et Commerce du LP Jules Michelet ©Camille PEYSSARD-MIQUEAU
«Je ne suis pas un héros, je fais juste mon travail de journaliste. Je n’ai pas d’ennemi, je ne suis pas dans un combat infini. J’aime mon pays. Aimer son pays, c’est aussi être capable de le critiquer. »
Alors que son procès pour »atteinte à la sécurité de l’État », délit passible d’une peine de 5 ans de prison ferme, ne cesse d’être reporté au Maroc, le journaliste d’investigation Hicham Mansouri a présenté aux lycéens l’importance pour toute démocratie d’avoir, de soutenir et d’apprécier les médias comme contre-pouvoir, mais aussi de la possibilité pour chaque citoyen de devenir un acteur de l’information grâce aux nouvelles technologies.
Directeur des programmes de formations de l’Association Marocaine pour le Journalisme d’Investigation, Hicham Mansouri a expliqué les particularités et les enjeux de ce genre journalistique tout en insistant sur son importance dans un régime démocratique. Il est ainsi revenu sur ses propres enquêtes et les pressions exercées par le pouvoir marocain pour l’empêcher de les poursuivre.
Les élèves, les professeurs présents, les membres de l’équipe de la Maison des journalistes et Hicham Mansouri ont ensuite échangé autour de questions préparées en amont par la classe. Des conditions d’incarcération difficiles dans les prisons marocaines, aux capacités insoupçonnées de résilience des êtres humains face à l’impossibilité d’exercer leurs droits, en passant par le rôle des médias en France, un débat riche d’enseignements a été mené sur un ton libre et libérateur.
Hicham MANSOURI présente l’état de la liberté de la presse devant les élèves Bac Pro Commerce et Vente du Lycée Professionnel Jules Michelet ©Calypso VANIER
Une rencontre appréciée des lycéens comme en témoignent les réactions enthousiastes :
«Grâce à ce témoignage, je connais de manière plus approfondie le monde des journalistes exilés.»
«Je souhaite à Monsieur Mansouri de rester fort, de ne pas abandonner et de toujours essayer de dire la vérité vraie!»
«Je n’ai qu’une chose à dire aux journalistes exilés : ne perdez pas espoir!»
«Le rôle du journaliste c’est de nous dire ce qui se passe dans le monde sans langue de bois.»
«Sans la liberté de la presse, on ne peut pas connaitre en mots ou en images les événements du monde.»
La face cachée du Che : Rencontre littéraire avec Jacobo Machover
Rendez-vous le jeudi 9 mars à 18 heures dans la Salle La Scam de la MDJ
L’évènement, sur initiative de Jesús Zúñiga, journaliste cubain en exil, ancien résident de la MDJ, sera introduit par Armando Valdés Zamora, écrivain, maître de conférences à l’Université Paris-Est.
Inscription obligatoire avant le 9 mars à 12 heures : evenement@maisondesjournalistes.org / 01 40 60 04 06
Renvoyé spécial Île-de-France : Zara Mourtazalieva au Lycée Jean Rostand de Mantes-La-Jolie
Lundi 17 février 2017, les lycéens de Première des filières Scientifique option Sciences de l’Ingénieur (S SI) et Scientifique option Sciences de la Vie ou de la Terre (S SVT) accompagnés de leurs professeures d’Histoire-Géographie Sophie Le Goff et documentalistes Florence Neveu et Valérie Héluin, ont rencontré Zara Mourtazalieva, écrivaine tchétchène, auteure notamment de l’autobiographie »Huit ans et demi » publiée aux Éditions BOOKS Les Moutons Noirs (2014), dans le cadre de l’opération Renvoyé spécial – Île-de-France, organisée au Lycée Jean Rostand de Mantes-La-Jolie (Académie de Versailles).
L’écrivaine tchétchène Zara MOURTAZALIEVA accompagnée de son interprète Madina Soslambekova ©Calypso VANIER
«Après tout ce que j’ai vécu, je sais qu’il n’existe qu’un rempart à la violence : la parole.»
Accusée injustement de terrorisme par la justice de Moscou, condamnée parce que tchétchène, Zara Mourtazalieva a témoigné auprès de lycéens attentifs de ses près de neuf années de détention dans un camp de travail de Mordovie, de la violence et de l’injustice rencontrées, du soutien sans faille que les journalistes et les militants des droits de l’homme lui ont apporté, de sa nouvelle vie en France, mais aussi de son travail d’écrivaine.
«Pour être honnête, je n’avais pas l’intention d’écrire un jour, un livre. Ce fut difficile pour moi d’écrire chaque chapitre; chaque ligne écrite, je la revivais. J’ai écrit de manière très honnête ce qui m’était arrivé. Aujourd’hui, je ne peux toujours pas dire que je me sens mieux après avoir écrit ce que j’ai vécu, mais c’était nécessaire pour moi et pour les autres.»
Échange intense entre les élèves du Lycée Polyvalent Jean Rostand de Mantes-La-Jolie et Zara MOURTAZALIEVA ©Camille PEYSSARD-MIQUEAU
Un échange salué par les lycéens présents dont vous pouvez trouver les réactions enthousiastes ci-dessous :
« Merci d’être là pour partager vos expériences, merci d’être en vie pour nous expliquer, nous montrer. »
« Ce qui m’a frappé c’est la façon dont ils ont réussi à reprendre leur vie après avoir été condamnés »
« La liberté de la presse est importante car chacun a le droit de s’exprimer. Personne n’a le droit ni le statut pour l’interdire. »
« Je voudrais dire aux journalistes exilés de ne rien lâcher, de continuer à se battre et je les remercie d’avoir le courage de venir témoigner dans les écoles d’un pays étranger »
« Les journalistes en exil ont, malgré un traumatisme important, un témoignage historique important à délivrer. »
« La liberté de la presse est absolument nécessaire. Elle rapproche le lecteur du reste du monde. »
Découvrez ci-dessous l’article consacré à la rencontre par le Courrier de Mantes du 21 février 2017 :