Journalistes exilés et photographes de Magnum Photos croisent leurs regards pour raconter des expériences très personnelles autour des notions d’exil, d’accueil, de répression, de résistance, de succès ou d’échec.
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« La face cachée du Che » : retour sur la rencontre littéraire avec Jacobo Machover
Le jeudi 9 mars 2017, la Maison des journalistes a eu le plaisir d’accueillir l’écrivain Jacobo Machover venu présenter son livre « La face cachée du Che ». Remettant en question l’image romantique et idéalisée du Che, l’auteur était accompagné du journaliste cubain en exil, Jesus Zuniga et de l’écrivain et maître de conférences à l’Université Paris-Est, Armando Valdes Zamora.
Jesus ZUNIGA, Jacobo MACHOVER et Armando VALDES ZAMORA
© Lisa Viola Rossi
« Il y a un mythe autour de Che Guevara comme bienfaiteur de l’Humanité – estime Jacobo Machover. Mais la réalité du personnage entre en contradiction avec le mythe. On a tissé un mensonge dès le début de la carrière du Che ». Pour Armando Valdes Zamora, le Che est « l’ombre pesante et désagréable de chaque cubain né après la Révolution ».
Derrière la remise en cause de la figure du « Commandante », c’est tout le régime politique qui est ici discuté. « Tout est absolument contrôlé. Seuls les journalistes étrangers ou indépendants peuvent informer » explique l’auteur. Jesus Zuniga, journaliste exilé en France depuis une dizaine d’années ajoute
que « pour survivre dans une dictature, l’adaptation est la clé ».
« Vous savez, beaucoup de personnes analysent le Che mais également Fidel Castro comme des hommes d’Histoire mais ici beaucoup d’entre nous peuvent les identifier comme des briseurs de vie, de nos vies – explique Jacobo Machover. Et de conclure « J’espère que dans un avenir proche, ce livre pourra être connu par les cubains ».
Pour plus d’informations : http://www.armand-colin.com/la-face-cachee-du-che-9782200617684
Presse au Maroc : Interview avec Hicham Mansouri (Profession Education, mars 2017)
wordpress.com. Hicham Mansouri, journaliste exilé, est
accompagné par la Maison des journalistes à Paris. Ce descendant
de nomades berbères a dû quitter le Maroc après deux agressions,
dix mois de prison et la menace d’un procès en attente.
Cliquez ici pour télécharger l’article “Au Maroc, il règne une illusion de pluralisme”, rédigé par Denis Perrin, pour Profession Education (mars 2017)
Renvoyé spécial IDF : Osman Ahmadi au Lycée Polyvalent Champlain de Chennevières-Sur-Marne
Mercredi 22 mars 2017, les élèves de Seconde Bac Pro Electricité, accompagnés de leur professeures documentalistes Isabelle Nail et Sandrine Quinchon, de leurs professeures d’anglais Paula Boulon et Amélie Deprez et des membres du CLEMI Créteil Élodie Gautier, José de Magalhaes et Frantz Glowacki ont rencontré Osman Ahmadi, journaliste et écrivain afghan, dans le cadre de l’opération Renvoyé Spécial Île-de-France organisée au Lycée Polyvalent Champlain de Chennevièvres-sur-Marne (94).
Osman AHMADI répond aux questions des élèves de Seconde Bac Pro Electricité du lycée Polyvalent de Chennevièvres-sur-Marne ©Calypso VANIER
« Je me devais d’être journaliste en Afghanistan parce qu’il y avait des problèmes dans notre société notamment à cause des extrémistes. Et pour moi ce n’est pas acceptable d’imposer une vérité aux autres »
Diplômé d’une licence en philosophie et en sociologie, l’écrivain Osman Ahmadi a exposé lors de son intervention les principes qui guident sa vie. Il a ainsi rappelé que pour lui la « vraie liberté » consiste à garder son esprit critique face à la pression de sa famille, de ses amis et des médias. A l’aide de photos, le journaliste afghan a montré que les citoyens afghans étaient paradoxalement plus libres avant les années 1980 qu’aujourd’hui. L’établissement en 2001 d’un gouvernement démocratique, composé en partie d’extrémistes, donne tout de même de l’espoir à Osman Ahmadi.
Journaliste pour le quotidien Mandagar et le journal Fédéral Tow Weekly, c’est la parution du livre Afsanah Masnavi qui oblige Osman Ahmadi à rejoindre la France en 2011. Dans ce pays, encore très conservateur, ce livre remettant en question l’existence de Dieu a provoqué la colère des intégristes religieux et poussé son auteur à l’exil. En ce moment, Osman Ahmadi suit une formation dans le numérique et attend la réponse de plusieurs maisons d’éditions concernant la publication de son dernier manuscrit mi-fiction, mi-autobiographique Par de là les murs.
L’écrivain a ensuite laissé la parole aux lycéens. Très concentrés tout au long de son discours, ces derniers lui ont surtout posé des questions personnelles notamment autour de sa famille, de son identité malgré l’exil, de son parcours et même de ses loisirs.
Osman AHMADI expose l’Histoire et la situation actuelle de l’Afghanistan aux élèves du Lycée Champlain de Chennevières-sur-Marne © Calypso VANIER
Un moment très apprécié des lycéens comme en témoignent leurs retours enthousiastes :
« On a appris beaucoup de choses sur la vie hors de la France et on a vu qu’on vivait dans un beau pays »
« Le rôle du journaliste est de dénoncer, graver dans la mémoire pour ne pas que ça tombe dans l’oubli »
« J’aimerais dire aux journalistes exilés qu’ils sont très courageux et remercier Osman Ahmadi pour ses informations et son intervention »
« Continuez comme ça, la vie est remplie d’épreuves à surmonter, ce qui ne tue pas rend plus fort »